CHRONOGRAMME  DU  CAFRAD

Avec la tenue de cette Assemblée Générale, le CAFRAD aura parachevé la mise en place de sa nouvelle orientation telle que proposée par la consultation de 1997 et approuvée par l'Église Évangélique du Cameroun, le Conseil d'Administration et ses Partenaires.
La finalité de cette démarche est de mieux identifier les besoins de nos groupes-cibles, d'adapter notre action à ces besoins, d'optimaliser et de capitaliser les résultats de nos actions.
En effet, la société globale est bouleversée par une crise profonde et son évolution fragilise les structures socio-économiques. Les catégories sociales que constituent les femmes, les jeunes et les enfants sont les plus exposés et sont les victimes désignées d'un système décrié et constamment remis en cause.
Les situations de pauvreté s'étendent et font que les jeunes désœuvrés, désorientés, désaxés constituent ce qu'on peut appeler ''une génération de crise''.
Ainsi le 20è siècle se termine dans un contexte douloureux avec son cortège d'inquiétudes, de guerres, de famine, de maladies, de crises politiques, financières et religieuses. La corruption et la ''mauvaise gouvernance'' altèrent la lutte contre la pauvreté et la misère.
La mondialisation est le projet porteur de tous les rêves du moment. Mais est-ce vraiment la solution de lutte contre la pauvreté et la misère ? Ne serait-ce pas un mirage de plus ?
A l'heure des grandes réflexions et des actions autour de ces enjeux et de ces défis, beaucoup somnolent et piétinent dans des préoccupations primaires.
Le souci de l'Eglise, des partenaires et des membres du CAFRAD est : quelle alternative aux solutions obsolètes actuellement appliquées ? Comment être au service de ''ces plus petits'' aux quels le Christ s'identifie dans l'Evangile de Mathieu 25/31-46 ?
C'est de cette interrogation qu'est né le CAFRAD, comme outil d'intervention en milieu urbain et péri-urbain.
Les grands moments du processus laissent entrevoir une trame logique, un souci permanent d'adapter l'outil aux besoins, une quête régulière de l'efficacité.
Les repères historiques
1965 : Création à New-Bell de l'Oeuvre Sociale Oecuménique (OSO) comme proposition des réponses apportées par les Eglises : (EEC, UEBC et EPC) aux problèmes de prostitution, de délinquance et de désœuvrement des jeunes citadins.
En effet, lors d'une conférence tenue à UPSAL quelques années auparavant, le COE voulait trouver une solution aux problèmes des réfugiés de la guerre du Vietnam. Pasteur KOTTO Jean, alors Secrétaire général de l'EEC et Vice-Président de la CEVAA, fera une intervention fort interpellative. Il s'écria alors : '' les réfugiés ne sont pas seulement les réfugiés de guerre. Il faut prendre en compte les réfugiés économiques. L'Afrique noire connaît en ce moment un développement urbain incomparable. Et de nombreux jeunes quittent leur village et viennent s'installer en ville à la recherche d'un emploi. Mais faute d'une formation adaptée, ils deviennent très vite oisifs et des appâts à la débauche etc… Ils sont ainsi réfugiés en ville ; d'où la nécessité des actions sociales d'encadrement de la jeunesse''.

L'Oeuvre Sociale Œcuménique va naître à New-Bell (Douala) et se situer dans cette logique. Son Conseil d'Administration composé de 9 membres (soit 3 membres par Eglise) sera présidé de main de maître par le pasteur A. R. Makon (EPC) et le secrétariat général assuré par M. Behalal Bock (UEBC).
Les programmes quant à eux seront animés tour à tour par le pasteur Pierre Herold (1965-1970), le Pasteur Mfochivé Joseph (1971-1973) qui acquérra même le terrain de Bépanda TSF d'une superficie de 6000 m².
Le départ de ce dernier pour des raisons d'études, va déranger tout le processus mis en route sous la direction de Monsieur Jean Banyolak. Il faudra attendre 1978 pour que le pasteur NONO KEPATOU vienne rouvrir le centre sur son site à Bépanda TSF. Mais il sera aussi obligé de quitter l'OSO en 1982 pour une formation en Europe. Revenu en 1985, l'Eglise le remet à l'OSO.
Une évaluation interne faite en 1989 va révéler que :

- L'OSO, conçue comme ferment d'unité de trois Eglises en présence ne l'était pas vraiment. Chacune s'intéressait plus au poste à occuper qu'au programme.
- Les Eglises ne participent pas régulièrement à la vie de l'œuvre ; l'abandonnant presque entièrement aux mains des partenaires étrangers, en l'occurrence ''Pain Pour le Monde''.
Ainsi, les partenaires vont exiger que le projet soit gérer par une seule Église ; condition sine qua non pour un financement.
Le 31 octobre 1990, le projet asphyxié sera dissout et l'EEC occupera alors son terrain et les installations.
IL faut attendre le 19 décembre 1991 pour que le pasteur C. E. Njiké, alors Secrétaire Général de l'EEC monte au créneau, à la tête d'un comité de réflexion et d'orientation de 12 membres. Sous sa pulsion, ce comité va chercher à élaborer un projet qui répond mieux aux aspirations pressantes d'une société en pleine mutation.
Le travail de cette commission technique aboutit en février 1992 à la création du Centre d'Accueil et de Formation lors du 36è synode d'Édéa.
Le but assigné au Centre : Lutter contre le chômage des jeunes en formant les jeunes sur le double plan professionnel et humain.
Et l'un des aspects à privilégier, c'est le renforcement du secteur informel et artisanal et l'appui aux initiatives locales de développement.

Le 22 septembre 1993, le Conseil d'Administration décide du redéploiement du CAF et de sa transformation en Centre d'Animation, de Formation, de Recherche et d'Appui au Développement (CAFRAD).
Émanation d'une volonté politique de l'Eglise, le CAFRAD demeure un outil de sa sollicitude pour les plus pauvres et les plus éprouvés par ces temps de crise.

1994/1997 : Premier plan programmatique triennal axé sur :
* L'organisation des artisans par secteurs d'activités.
* L'encadrement et l'appui des initiatives locales de développement.
* Le développement des échanges pour une véritable intégration et interaction entre la ville et la campagne.
* L'organisation des femmes et la création de coopératives de production et de
commercialisation des produits vivriers.
* La prévention sanitaire : lutte contre les MST/SIDA, planning familial, éducation à la
prophylaxie, allaitement maternel etc…
Les principaux résultats de ce premier triennal auront été la création du Cercle d'Étude et d'Animation des Artisans de Bépanda (CEAAB), l'organisation de sessions de formation des artisans (gestion d'ateliers, animation des groupes, fiscalité, activités génératrices de revenus etc…), l'ouverture du garage Casmando, la création des Groupes d'Action pour le Développement Intégré des Femmes (GADI), l'organisation de séminaires, tables rondes et conférences de sensibilisation sur les problèmes sanitaires, la promotion des échanges entre groupes-cibles (CEAAB), Chambre des Artisans de Bafoussam (CHART), Regroupement des Artisans de Cotonou (RAC) etc… et organisme d'Appui : (CAFRAD ; APICA ; ESPACE-MÉTIERS ; CERAD International (Togo) etc…), l'élévation de l'École maternelle au rang d'École pilote.
L'évaluation du premier programme triennal a été globalement positif et a donné à l'Eglise et aux partenaires de croire à l'avenir du CAFRAD. C'est ainsi qu'une consultation extérieure va apprécier la riche et encourageante expérience ; même si tout n'est pas parfait. Il s'ensuivra l'élaboration d'une nouvelle orientation du CAFRAD dont le principal souci est l'adaptation des programmes aux besoins réels des groupes-cibles.
1998/2000 : Deuxième plan triennal marqué par la mise en place de la nouvelle orientation et des nouvelles structures :

* La transformation du CAFRAD en Organisation Non Gouvernementale Chrétienne.
* La création d'un nouvel organe : l'Assemblée Générale
* L'adoption de textes fondamentaux conformes à la nouvelle configuration.
* La création de deux Antennes.
* La spécialisation des départements et des programmes.
* L'implication des groupes-cibles dans la conception et l'exécution des programmes.
Loin d'être une négation du premier, le second programme triennal du CAFRAD est un véritable exemple de capitalisation.
L'expérience et les acquis antérieurs ont en effet permis d'asseoir le présent et de préparer le futur, c'est-à-dire l'entrée du CAFRAD dans le troisième millénaire.
Nous pouvons aujourd'hui affirmer que le CAFRAD, en facilitant l'interaction, la synergie entre l'Église et la société globale, en constituant un forum de concertation, de réflexion et d'action qui rassemble des personnes (physiques et morales) engagées dans la lutte contre la misère, en prônant un évangile de proximité, occupe une position idéale : la frontière entre l'Église et la société globale.

Pasteur Nono Kepatou (Coordinateur Général ) : contact : cafrad@cafradcam.org

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