Les programmes

La nouvelle dynamique repose sur 4 objectifs spécifiques. Pour les atteindre des activités seront développées et permettront d'en évaluer les résultats et impacts.

1. Objectif 1 : Orienter les jeunes vers l'apprentissage d'un métier et les accompagner à l'insertion professionnelle

a) Les bases d'élaboration de cet objectif

Cet objectif est probablement celui qui, en termes de résultats touchera le plus de jeunes car au Cameroun,

¢ Les jeunes n'ont pas la possibilité de s'orienter.

¢ D'habitude, la gamme des métiers n'est pas exploitée.

¢ La formation dispensée par les opérateurs économiques est minimisée, voire méprisée, alors qu'on prétend " valoriser " l'artisanat.

¢ Les filles sont cloisonnées dans un schéma professionnel préfabriqué.

¢ On veut promouvoir l'emploi, mais on ne se dédie pas à la création d'emploi


b) Les activités liées à cet objectif

L'orientation des jeunes

Contrairement à la majorité de programmes de formation professionnelle, ici les jeunes auront le choix. Ils pourront s'informer sur différents métiers, pourront discuter leurs idées pour leur futur, pourront exposer leurs désirs et souhaits, pourront réfléchir à ce qui leur convient le mieux.

Le premier accueil et la salle de documentation

Une salle d'accueil/information sera disponible. Les jeunes pourront prendre des informations, se documenter, décider d'intégrer ou pas la démarche d'accompagnement.

Cette salle d'accueil sera ouverte à tout jeune et contiendra une base de données établie par les enquêtes du CAFRAD mais aussi des fiches métiers, des revues, des témoignages de professionnels…..

Une base statistique devra établir la fréquentation de ce lieu d'accueil. Car même les jeunes ne souhaitant pas intégrer une démarche d'accompagnement à l'insertion auront accès à la salle de documentation.

L'accord tripartite d'accompagnement

Le CAFRAD doit en premier lieu insister sur un accord tripartite entre le CAFRAD, la famille et le jeune. Cet accord qui a le caractère d'un " contrat moral " se fera uniquement avec des partenaires (famille, jeunes) qui sont motivés et prêts à s'intégrer à cette nouvelle dynamique. Ce contrat impliquera le respect de certaines règles, mais aussi la participation à certaines activités.

Il s'agira alors de commencer un accompagnement individuel (le jeune est reçu individuellement par le conseiller-psychologue) afin d'élaborer son projet.

L'accompagnement dans cette orientation ne peut cependant pas être défini au préalable en termes de temps. Le nombre d'entretiens individuel pour l'orientation dépendra en effet des jeunes, de leur degré de motivation, de leurs capacités, de leur maturité : pour les uns, un petit coup de main dans le choix sera largement suffisant pour que le jeune " s'envole ", alors que pour d'autres il faudra longtemps les écouter et les faire revenir plusieurs fois avant de pouvoir vraiment les aider.

Ici se tisse le lien avec les conditions de vie des jeunes (leur famille, leur éducation). Certains jeunes ne savent même pas qu'ils " pourraient avoir le choix (de quoi que ce soit) " car la famille a toujours décidé à leur place, leur a dicté ce qu'ils doivent faire. Ceci sera d'ailleurs fortement probable pour beaucoup de filles.

Le placement en apprentissage

Pourquoi le choix de l'apprentissage ?

Le placement en apprentissage constitue la stratégie principale pour la formation professionnelle. Elle permet de (faire) former un grand nombre de jeunes pour une large gamme de métiers. Ceci ne répond pas seulement à une nécessité sociale (lutte contre le chômage des jeunes), cela répond également à une nécessité du marché (évolution balancée des secteurs).

Il faut cependant être très clair et explicite sur ce que cette approche signifie pour éviter le " détournement " de l'idée.

Le placement en apprentissage n'est ni une " solution de fortune " ni de " bricolage de moindre qualité ".
C'est une stratégie bien réfléchie et une approche qui garantit de meilleurs résultats qu'une formation professionnelle scolaire à laquelle en plus, un grand nombre de jeunes n'a pas accès (échec scolaire, coût de l'école…)

Contrairement à une formation scolaire, l'apprentissage a les avantages suivants :
¢ les jeunes se trouvent dans un milieu économique réel, ce qui fait qu'ils sont beaucoup plus pratiques et " débrouillards " à leur sortie
¢ à la fin de leur formation ils sont déjà habitués au travail réel avec tous ces problèmes et défis, ce qui facilite énormément l'installation à leur compte
¢ quelques fois, les patrons les gardent comme ouvriers, ils peuvent donc trouver tout de suite un travail
¢ vers la fin de l'apprentissage ou juste après, les apprentis ont souvent l'opportunité de gagner un peu d'argent avec certains travaux pour leurs patrons, ce qui leur permet d'économiser s'ils ont le projet de s'installer
¢ l'apprentissage évite définitivement de recruter des jeunes qui en réalité ne s'intéressent pas à un métier mais qui cherchent seulement à compenser le manque d'études générales. La réussite dans un tel contexte est impossible et pourra être éventuellement repéré par la psychologue.
La relation avec les maîtres-artisans

" Le recensement-enquête que nous avons effectué a fourni des informations sur des maîtres-artisans qui pourraient être des partenaires valables pour l'apprentissage. En effet une partie de l'enquête portait sur le repérage des maîtres-artisans qui s'intéressent à la formation des jeunes ou qui cherchent même des apprentis. L'analyse de l'enquête a en plus permis de faire le tri entre ceux qui s'y intéressent dans l'idée que ca leur rapporte plus d'argent (entrées par les frais d'apprentissage) et ceux qui ont un intérêt plus authentique.

Il s'agit maintenant d'établir un pool de maîtres-artisans prêts à recevoir des jeunes, donc de :
¢ vérifier les résultats de l'enquête par des entretiens personnels
¢ compléter la recherche pour les métiers manquants (ex. construction)
¢ compléter la recherche sur les femmes patronnes dans des métiers dits d'homme (au delà de Bepanda)

L'accord de collaboration avec les maîtres-artisans sera un " accord minimum ".
En comparant les différentes formes de collaboration avec les maîtres-artisans, nous avons choisi la formule la plus flexible : le placement sans ingérence. Il s'agit d'un placement simple, qui contrairement à la formule plus intense, oblige le maitre artisan à suivre un " programme de formation ", impose des cours théoriques ou pratiques supplémentaires aux apprentis….

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L'accompagnement de l'apprentissage

Le suivi de l'apprentissage se fait autour de quatre composantes :
¢ de façon générale par le développement personnel qui devient, de façon spécifique, le développement des compétences clefs
¢ par des formations techniques complémentaires selon demande / nécessité
¢ par l'accompagnement à l'installation (surtout à l'auto-emploi)

La formation technique complémentaire

Comme nous l'avons dit plus haut, le principe d'un placement sans ingérence ne signifie pas qu'on renonce à l'amélioration de l'apprentissage. Cela signifie plutôt que - stratégiquement - on a décidé de suivre une autre procédure, une sorte de " formule combinée " qui sera caractérisée par une intervention flexible et échelonnée reposant sur :
- le respect de l'autonomie et de la compétence du maître artisan comme principe de base
- la disponibilité d'intervention du CAFRAD comme accompagnement flexible qui reste à l'écoute pour offrir des formations techniques si la demande émerge
- le principe d'intervention supplémentaire, de préférence après l'apprentissage

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Le développement des compétences clefs

La formation professionnelle de nos jours n'est plus vue comme une simple transmission de connaissances techniques qui ne suffisent plus pour l'insertion professionnelle. Il s'agit en effet de répondre à un monde du travail qui exige d'autres profils d'emploi, d'autres capacités, d'autres aptitudes - des compétences qui vont donc au-delà de ce qui était autrefois le " bon technicien ".

Le terme life skills est apparu, un terme anglais qui se traduit difficilement (littéralement : aptitudes de vie). Les chercheurs en sciences éducatives allemands l'ont traduit par Schlüsselkompetenzen ce qui seraient les " compétences clefs ".

Dans la nouvelle conception, le développement des compétences clefs aura deux axes :
" l'un qui fait partie de l'accompagnement de l'apprentissage, qui est donc dédié aux apprenti(e)s qu'on a placé(e)s dans les ateliers
" l'autre qui est aussi dédié aux apprenti(e)s mais qui, au-delà de cela, est ouvert a tout jeune qui a envie de participer

Les " échanges sur les pratiques du métier "

En ce qui concerne l'accompagnement de l'apprentissage, le développement des compétences clefs trouvera sa place dans une série d'ateliers de travail en groupe avec les apprentis : des " échanges sur les pratiques du métier ".

Les compétences à développer ici font référence à :
¢ l'observation critique, la capacité d'analyse et la résolution de problèmes
¢ le développement d'une assurance de soi
¢ le développement des capacités en gestion à travers l'observation et l'analyse critique
¢ la préparation à l'auto-emploi

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Ces " échanges " qui seront toujours modérées par deux personnes (ex. : la psychologue et l'homme des métiers) demandent du staff des compétences de :
¢ facilitation d'un travail en groupe
¢ stimulation de la libre participation
¢ animation du débat critique

L'autre partie des compétences clefs qui sera ouverte à tous les jeunes (et pas seulement aux apprenti(e)s proprement dit) traitera des compétences plus générales, d'un développement plus général des jeunes qui sont toutefois très importantes
quant à l'exercice du métier !
¢ On veut qu'une fille ose s'installer à son compte?
Alors aidons-la à développer son auto-estime d'abord.
¢ On veut que des jeunes issus des familles pauvres réussissent dans leur métier ? Alors aidons-les à mieux s'exprimer.
¢ On veut qu'une nouvelle génération de jeunes artisans cesse d'imiter des produits et commence à en créer de nouveaux ?

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Les compétences du personnel

Ce domaine est très nouveau, pour le CAFRAD comme dans le domaine de la formation professionnelle en tant que telle. Quant aux compétences du staff, on cherchera donc déjà dès le recrutement des personnes qui réunissent au maximum ces compétences.
Ensuite, il faudra certainement compléter par des formations et d'autres conditions cadres telles que par exemple la mise à disposition d'outils et d'éléments stimulants ces capacités .

Dans ce sens, il serait aussi recommandable que le CAFRAD trouve une personne déjà formée en CEFE qui a une certaine expérience dans l'application de cette méthode. Car cette personne pourrait aussi servir l'équipe, étant donné que la méthode CEFE réunit plusieurs éléments de la nouvelle conception (tel que : l'auto-analyse, l'auto-estime, la créativité, le plan d'affaire, la gestion etc.). Il pourra donc contribuer tant au niveau de l'animation que de l'insertion socio-professionnelle, voire former les autres membres de l'équipe sur certains aspects.

L'appui à l'insertion professionnelle

L'appui à l'insertion des apprenti(e)s formé(e)s dans les ateliers constituera le troisième pas dans le cycle de cette conception de formation professionnelle orientée vers l'emploi.

On aura besoin des compétences suivantes :
¢ gestion d'entreprise
¢ développement de (simples) plans d'affaires
¢ connaissances de financement (épargnes, fonctionnement des crédits) et réseautage avec des institutions bancaires
¢ réseautage avec le milieu économique (commerce, entreprises, employeurs)
¢ (de préférence) propres expériences d'activités économiques

Cependant, tous les jeunes ne souhaiteront pas forcément un apprentissage dans les métiers de l'artisanat. C'est la raison pour laquelle, les jeunes doivent avoir la possibilité de développer d'autres types d'activités. La société évolue, les consommateurs et leurs besoins aussi. Reste donc au CAFRAD à développer cet axe que sont les " nouveaux métiers ".


2) Objectif 2 : Chercher activement de nouveaux créneaux porteurs et en faciliter l'accès aux jeunes, en particulier aux filles.

a) Les bases d'élaboration de cet objectif

Cet objectif vient compléter l'objectif 1. Il concerne l'aspect particulier des nouveaux créneaux.
Comme nous l'avons déjà évoqué, la gamme des métiers ou activités porteuses est rarement exploitée. On a l'habitude de se concentrer sur un nombre restreint de métiers et de ne pas considérer l'ensemble du tissu économique qui est varié et riche en demande de toute sorte de compétences. Or, la société change et ces changements entraînent de nouveaux besoins qui, a leur tour, demandent de nouvelles compétences, de nouveaux profils de métier, de nouvelles activités, de nouveaux comportements économiques. Les jeunes sont à priori les plus aptes à s'installer dans des activités qui répondent à une nouvelle société car sont plus flexibles, adaptables…. . Ces nouvelles activités doivent aussi et surtout ouvrir la gamme de possibilités pour les filles.


b) Les activités liées à cet objectif

Les nouveaux métiers

Le domaine des nouveaux métiers est un domaine complètement nouveau et non exploré. Il est donc difficile de détailler les activités.

Les nouvelles opportunités économiques

L'équipe de travail a essayé d'imaginer de possibles opportunités (qui devront être vérifiées par les enquêtes). Ces opportunités sont soit des activités complètement nouvelles soit des activités qu'on pourrait améliorer, intensifier, modifier.

La recherche continue

Ces idées, ou au moins une partie entre elles, seront vérifiées à travers les enquêtes préparatoires. Mais l'essentiel de cet objectif réside dans une recherche continue. La société camerounaise de nos jours, et surtout celle des grandes villes, devient de plus en plus moderne et offre, par conséquent, de plus en plus de nouvelles opportunités jusqu'ici inconnues.

Ces nouvelles opportunités, il faut les chercher, les découvrir, les reconnaître, voire même les " inventer.

Type 1 " initiation simple " (2-3 jours)

Type 2 " formation modulaire de courte durée " (1-2 semaines)

Type 3 " stage avec formation modulaire de courte durée " (1 mois)

Type 4 " formation de plus longue durée, éventuellement avec stage"(1-3 mois)

Type 5 " placement en apprentissage de base ou stage prolongé et formation modulaire complémentaire " (3-6 mois ou plus)

3) Objectif 3 : Promouvoir le potentiel entrepreneurial des jeunes et favoriser sa concrétisation

4) Objectif 4: Accompagner le développement personnel des jeunes

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